« Au tribunal des dieux », par Rastagnic

•avril 21, 2009 • Un commentaire

carnetJ’aurais bien sorti mon carnet, compulsé mes notes et recopié au propre, au traitement de texte, l’un de ces morceaux de romans que je mènerai Dieu seul sait où, et pour Dieu seul sait quels lecteurs… Le travail, enfin si l’on peut appeler ainsi cette attente béate de l’avènement de sa propre résignation, n’est pas accablant en ce début d’été. En fait, le travail, je n’y crois pas. Il n’y a que des châtiments et des passions.
Les choses vont leur train d’inertie. Ce soleil, dont l’absence ou la présence fait naître plus du trois-quart des conversations à la machine à café, je ne l’avais pas vu de toute la semaine. Il frappait allègrement dans les carreaux de l’immeuble d’en face. Un grande roue en or qui s’effilochait abondamment. Lire la suite ‘« Au tribunal des dieux », par Rastagnic’

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Gontran

•avril 20, 2009 • 2 commentaires

pimp-my-gontranOn a tous un Gontran dans notre bande de potes. La particularité de Gontran, que je connais depuis deux ans maintenant, est qu’il arrive à lever un nombre obscène de nanas, toutes plus jolies les unes que les autres, en dépit d’un physique franchement en-dessous du minimum syndical. La première erreur que tu commets en rencontrant Gontran, c’est de le sous-estimer. Ou de lui confier ta copine. D’ailleurs, tu réalises très vite la force de frappe de ce type dès qu’une fille un peu potable entre dans son champ de vision. Il s’approche d’elle et tu peux lire sur son visage d’abord sceptique et condescendant qu’elle est intriguée, oui, elle l’écoute, elle sourit une fois, deux fois, puis elle éclate de rire, se mordille une mèche de cheveux ou réajuste son décolleté. Sept minutes plus tard (montre en main), elle est conquise et elle accepte de le suivre (dans un café, dans un ciné, dans un hôtel). Et toi, tu te retrouves comme un con, seul, dans le bar. Tu paies l’addition et tu rentres chez toi, dépité, mater un film de boules en streaming.

Un jour, on a demandé à Gontran : « Mec, c’est quoi ton secret ? ». Au début, il a nous a rembarrés « Vous ne pouvez pas comprendre, vous, les crève-la-chatte », mais on l’a tellement charrié qu’il a fini par lâcher le morceau. Lire la suite ‘Gontran’

Petit chef, j’écris ton nom, par Rastagnic

•avril 17, 2009 • Laisser un commentaire

my-boss-is-a-jerkJ’avais pensé me borner à l’indulgence, au silence, à la passivité. Quand il commença à disserter sur je ne sais plus quelle insulte, qu’il qualifia de tout à fait « insultante » avant de partir d’un rire contenté. Son rire de petit garçon qui espère lire l’admiration dans les yeux de ses pareils à le voir faire tourniquer les mots avec autant d’esprit. Leur regard de créateurs. Car eux-seuls pouvaient le transformer en quelqu’un. Il avait besoin de leur assentiment à tous pour se muer en homme. Il n’y était jusqu’à présent parvenu qu’avec l’un de ses collègues, le seul qu’il puisse se permettre de piquer de quelques sarcasmes. Et ses parents, sans doute.
Au vrai, je craignais aussi l’éventualité d’un incroyable concours de circonstances qui l’amènerait à tomber sur le résultat rédigé des macérations haineuses qui sont à près les seules animation de mes journées de productivité.
Cette dernière pédanterie eut raison de mes scrupules.
Cela serait un procès à charge, sans compromission. D’autant que je l’entendais une fois encore accumuler les clichés, de sa voix nasillarde et confiante en l’équilibre de sa situation. Il parlait de femmes moches, je crois. Il parlait de « gros cul », de « lunettes à sextuple foyers » (car d’un seul adjectif il faisait exister un objet en six exemplaires). Par le jeu d’une sourde complicité avec lui, le monde filait sa trame, dans le scénario qu’il dessinait depuis son poste, derrière son gros ordinateur connecté à la version numérique de la Terre entière. Lire la suite ‘Petit chef, j’écris ton nom, par Rastagnic’

Pourquoi il ne faut pas boire sur son lieu de travail …

•avril 16, 2009 • 4 commentaires

une-binouze-devant-lecran40 % des Français consomment de l’alcool sur leur lieu de travail. Ca paraît incroyable comme ça mais en réalité, ce ne sont pas les occasions de boire qui manquent. Pour commencer, il y a la pause déjeuner. La terrible pause déjeuner, arrosée de p’tit Blanc ou d’un coup d’Rouge, voire des deux. Alors quand on se tape la complète apéro + vin x 2, il arrive qu’on titube légèrement sur le chemin du retour vers les bureaux (ou qu’on se montre anormalement familier avec le DRH, dans l’ascenseur).
Il y aussi les pots de départ, où les gobelets avec du coca ne contiennent pas que du coca. « C’est normal, Francis ! Pour ton départ, c’est champagne minimum ! » Et hop ! Tournée générale de la part de Francis ! Le fait que ce soit la dernière et la première fois que je te vois n’y change rien … Résultat, il reste 2 heures à tirer, et c’est franchement dur de s’y remettre (trop triste de voir Francis partir …). Ensuite, il y a toujours les braqués qui emmènent leur thermos à café, sauf que dedans, c’est pas du café, où alors c’est un café froid drôlement corsé (ça vaut aussi pour quelques bouteilles d’eau au faciès chelou). Si vous voyez que votre collègue ne vous propose jamais un peu de son café, ne vous étonnez pas.
Je sais, l’alcool semble être, a priori, un remède plus-que-séduisant à l’ennui chronique au boulot. On est tout gai, on rigole bêtement en recevant la newsletter de CBNews, on fait plein de blagues à caractère sexuel à ses collègues d’open space (qui, pour toute réponse, plongent le nez dans leur écran, en faisant mine de ne pas avoir entendu). On croit que ça fera passer la journée plus vite mais c’est un très mauvais calcul et voici pourquoi. Lire la suite ‘Pourquoi il ne faut pas boire sur son lieu de travail …’

Tricophilie ou le Potentiel Erotique des Poils

•avril 16, 2009 • 2 commentaires

Saint Maclou, la photo officielleIl y a des histoires qui ne tiennent qu’à un fil. Celle de Marc et Nathalie ne tenait qu’à un cheveu. Enfin, à un poil. Des poils, plein de poils !

Marc aimait Nathalie depuis septembre 1999. Celle-ci feignait de l’ignorer et roucoulait alors dans les bras d’un apollon fort en cheveux (et en maths) prénommé Simon. C’était le couple star du campus, qui faisait baver les envieux, surtout lorsqu’ils manifestaient la vitalité de leur amoûrre au moyen de performances labiales et salivaires publiques. Leur séparation choqua tout le monde et chacun y alla de sa petite hypothèse sur l’origine du désamour de ces demi-dieux. Adultère ? Incompatibilité astrologique ? Déclassement professionnel ? La vérité, comme souvent, était ailleurs Lire la suite ‘Tricophilie ou le Potentiel Erotique des Poils’

Pourquoi l’anglais a remplacé l’allemand comme langue du concept

•avril 15, 2009 • Un commentaire

les mots qui n'existent pasPlus d’un milliard de gens parlent anglais dans le monde, à tel point que c’est devenu la langue globale par excellence. On peut dénoncer l’impérialisme triomphant et la collusion américano-britannique, en vue d’imposer l’anglais comme langue-étalon dans les communications internationales. Je préfère m’interroger sur les raisons de ce succès planétaire.

Premièrement la langue anglaise est très riche, beaucoup plus riche que le français (contrairement à ce que laisse suggérer le « globish », cet anglais de la mondialisation complètement appauvri). Ensuite, c’est une langue souple et réactive, qui saisit le réel comme les concepts abstraits dans des tournures imagées et éloquentes. Pensons au vocabulaire récent des réseaux sociaux, comme Facebookicide (suicide sur Fb, ou acte de supprimer délibérément son profil) ou bien Twitterrhea (où l’on reconnaît la diarrhée verbale de celui qui twitte pour ne rien dire).

Voici une petite liste de mots très utiles qui n’ont pas (encore) d’équivalent satisfaisant en français (liste non exhaustive qui risque de se rallonger au fur et à mesure). Et pour tous ceux qui souhaitent rester à jour de l’argot et des néologismes anglais, lisez régulièrement le Urban Dictionnary
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Les risques du travail

•avril 14, 2009 • Laisser un commentaire

Pour bien commencer la semaine (sous le signe de la procrastination bien sûr), un petit monument de communication interne ou comment prévenir les risques que les employés courent sur leur lieu de travail … C’est sûr, on aimerait que notre patron prenne autant à coeur de nous épargner une mort aussi stupide que douloureuse. Il n’a pas lésiné sur les effets spéciaux – avec giclées de ketchup à gogo, et chapeau bas aux figurants, qui rendent tellement réalistes les scènes d’amputation ou de brûlure au 5ème degré …

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