Vil poil, j’aurai ta peau !

Epilation pour homme

Je suis un homme, je suis poilu comme une tortue et je ne suis pas gay. Ca c’est fait, c’est dit, on y revient plus. Et j’compte sur vous.

Jeudi dernier, un très bon ami dont le pelage est plus comparable à celui d’un ours couvert de produits Saint Maclou qu’à celui d’un oeuf, m’a appelé à l’aide. Le genre d’aide qu’on ne demande qu’à un bon pote, suffisament taré pour dire oui avec un grand élan de bonne humeur et de spontanéité positive quand on lui propose un saut à l’élastique ou une soirée à mater la téloche avec le Sport Elec branché pleine balle dans des endroits inavouables. Un genre de débile au capital sympathie énorme, mais vraiment totalement débile, hein. Pour résumer, le seul mec assez allumé qu’il a trouvé, c’est moi. Mais pour quoi faire ? Epilation totale ! Ouais !

Dans ma jeunesse, j’ai pratiqué la natation à un relativement bon niveau, ce qui m’a permi de tester entre 14 et 17 ans les différentes méthodes d’épilation pour mes p’tites gambettes, afin d’être plus rapide (mon cul ouais !) en compétition. Ouais, Mesdames, je connais ce supplice, je vous comprends.
Je ne suis pas un adorateur des poils, et j’essaie de garder le rasoir à proximité, histoire qu’un poil de torse rebelle ou un ersatz capillaire naissant autour d’un mamelon ne vienne pas compromettre la parfaite netteté de mon torse (pas musclé, je précise). J’entretiens le pubis, mais de façon moins proprette : un coup de tondeuse sur le pubis et hop l’affaire est pliée. Je n’en fais pas plus, j’ai déjà eu un douloureux incident où la vilaine tondeuse est parti dire bonjour à mon gland. Ouch… Mais bon, revenons à nos moutons bien laineux.

Mon pote et moi arrivons donc chez Yves Rocher. Ou plutôt dans une de ses nombreuses boutiques qui fait aussi centre de soin. Déjà, prendre RDV dans un centre Yves Rocher pour deux hommes qui veulent une épilation aisselles/maillot, c’est pas facile facile, mais si en plus, la salle d’attente est remplie de femmes de tous âges et horizons, ça rend la chose encore plus savoureuse.

Deux hommes, le plus petit faisant 1.90m (c’est moi), pas épais, rasés de près (tant qu’à se faire tondre, autant entamer la partie facile tout seul), et en tee-shirt relativement moulant (pour le côté provoc de la chose). On se serait tenus la main que ç’aurait pas été pire d’affronter les regards tantôt dévorants tantôt inquiets de ces femmes.

Evidement, pour rassurer tout le monde dans l’assemblée, on parle fort et on raconte des conneries. On aurait p’têt pas dû, mais au final, la curiosité de ces dames était telle que quand elles partaient, on sentait leurs lèvres brulantes retenir LA question fatidique. Quelle question, ça j’sais pas dire, j’suis bien trop con, mais ça devait osciller entre « mais qu’est-ce qu’ils foutent là ces deux cons ? » et « sont-ils gays ? ».

Bref, une fois les Voici et Gala de la salle bien épluchés, le catalogue du p’tit Yves assimilé, une belle donzelle nous appelle mon pote et moi. Vous savez (ou pas, d’ailleurs), la scène dans les films de cul, où la jolie [insérez ici le nom d’un uniforme au potention érotique supérieur à 0] vient et dit « c’est à vous »…ben c’était ça. Très vite, le DIM a été trop petit pour contenir une fougue longtemps refoulée (j’arrive bientôt à un an d’abstinence, j’vous expliquerai). Sauf que là, mes cocos, on venait pour s’faire épiler les boules, alors si la grande perche est dressée, je doute que la gente dame s’occupe des sacs de sport qui s’baladent en dessous de la même façon…

Heureusement pour nous, deux bonhommes bien musclés comme il faut et avec suffisament de féminité affirmée pour être visible sont vite venus nous sauver de ce cruel supplice. Des mecs qui épilent des mecs, voilà un truc à raconter…hein ?

Le mien s’appelle Stéphane, celui d’mon pote c’est Lazly…oui, j’ai eu du mal à comprendre moi aussi au début. Fin bon, leurs prénoms on s’en fout un peu, ce qui compte c’est ce qu’ils ont fait après avec nos corps d’albâtre (oui, j’en rajoute, et alors ?) et leurs crèmes et autres appareils de torture.

On commence soft, par les aisselles. Coup de bol, moi y’a déjà plus rien. Nounours lui, il est plus fourni qu’un Demis Roussos en cavale…j’ai cru qu’il allait morfler, et en fait ça s’est bien passé : petite mousse, lame de rasoir toute neuve, et hop, ni vu ni connu il était tout clean. Ensuite c’est le tour de son torse. Coup de bol, moi y’a déjà plus rien. Ouais, je sais, je radote mais bon. Le pauvre têtard qui me sert de pote, lui il a un beau T de poils, façon Austin Powers. J’ai rien senti, mais il semblerait qu’il ait beaucoup beaucoup morflé de son côté. A la cire, technique ancestrale mais efficace. Il a salopé au moins 13km de bandelettes avec sa moumoute frontale, mais il avait un torse presque aussi beau que celui d’un bébé baigné au savon kadum après.

C’est à partir de là qu’on a commencé à moins rigoler. Le maillot et dans la foulée, les sacoches. On a pas fait les jambes (ou demi-jambes, je sais plus) du forfait pour avoir un beau pénis de star de film pour zadulte. D’habitude, les hommes ne rasent/épilent/whatever pas cette partie. Ou alors, comme je disais un coup de tondeuse vite fait mal fait, histoire d’assurer un minimum de crédibilité devant madame en début de soirée, quand il faut sortir la gouttière du placard. Du coup, on fait très attention à ce qui se passe, et on flippe nos races sur notre avenir de père. Crème moussante, lame de rasoir toute neuve…la tension monte. Et là, chose impensable, le gentil Monsieur s’empare de l’affaire, la met de côté et passe des petits coups de lame tout autour, avec un rythme soutenu mais sans précipitation. Le pubis a été très vite débroussaillé et a laissé place à un véritable champs de Mars prêt à caresser de sa douceur le premier pubis Vénusien qu’il croiserait. Une fois la zone bien propre, il a fallu procéder à la suite : les gonades !

Alors, autant se faire raser le pubis à la vitesse de la lumière par un homme, ça m’a pas paru si indélicat, autant se faire masser le scrotum avec de la crème dépilatoire par ledit gars, ça a un effet perturbateur sur ma régulation hormonale. L’année d’abstinence a p’têt aidé aussi, mais toujours est-il que j’ai eu beau penser à une grosse motte de caca répugnant ou à une limace atomisée sous ma godasse, rien à faire, les corps caverneux se sont gorgés de sang et la main du gentil monsieur fut vite embarrassée d’un manche à pioche plus gros que le maigre manche de marteau proposé quelques instants avant. C’est comme ça, on contrôle pas ces trucs-là.

La gaule bien installée près du champs de Mars, les faucheurs ont pris leurs petites spatules et ont commencé à ôter la pâte crémeuse qu’ils avaient déposée. Attention, note pour les dégueulasses qui ont des pensées obscènes au fond, c’est une pâte crémeuse, pas LEUR pâte crémeuse ! Bien. Une fois la crème retirée, ils ont procédés à une seconde application, à grands renforts de blagues potaches pour détendre l’atmosphère… Sérieux, je sais pas ce qui était le pire, se faire tripoter les boules pendant qu’il déplaçait le manche de gauche et de droite avec le revers de ses mains, ou écouter les discussions hautes en couleurs et chargées d’émotion pendant qu’il faisait ça. Morceaux choisis : « hier j’ai eu une cliente qui avait la foufounette tellement poilue que j’ai dû changer deux fois la lame ; si elle avait un homme dans sa vie, ça devait être un vrai mangeur de poils, je vois que ça ». Ah bah ouais, merci pour le détail, tout de suite, j’ai moins la trique là ! « Vous voulez qu’on vous épile autour de l’anus ? C’est très à la mode en ce moment ! » QUOIIII ??? Me faire arracher à la cire les 3 poils qui font une farandole autour de mon trou d’balle ? Nan mais y’a pas idée !

Eh ouais, sauf que pendant qu’il me racontait ses conneries et qu’on rigolait à 4 (non, ça n’était pas une poil party), il a eu vite fait de me refoutre un coup de raclette sur les bourses et d’occire tout poil revêche qui subsistait dans la région !

Aujourd’hui, je dis merci à mon pote et à sa femme. Pas parce que j’ai un pénis qui a l’air d’être passé du cornichon à la courgette (au repos, of course) en le regardant du dessus, mais plutôt pour la bonne rigolade a posteriori et la franche camaraderie de la chose.

Me reste plus qu’à trouver une charmante jeune fille pour tester les effets sur la population féminine et j’vous raconte toute la suite.

Ah, et en passant, la prochaine fois je me fais les boules tout seul ! Non mais !

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~ par crashkun sur juin 10, 2009.

4 Réponses to “Vil poil, j’aurai ta peau !”

  1. Avec tous ces poils en moins, on reconnait quand même ton coup de plume…

  2. se faire épiler par un mec, de plus accompagné d’un ami, bander en leurs présences – tu racontes un épisode de jackass ?

  3. Ouaih, bien poilant l’coup d’plume (enfin quand j’dis « plume », ne me faites pas dire c’que j’ai pas dit, hein !)
    J’reviendrai ! En attendant ,j’bookmarke…

  4. Bien le bonjour ! Je découvre ce blog à l’instant (j’étais en train de procrastiner justement) et suite à cette première lecture je crois que je vais m’y adonner, bonne continuation !

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